lundi 19 octobre 2009
Caravane Médicale.
Deux professeurs, Seize médecins spécialistes et huit paramédicaux ont été mobilisés par le Professeur Brahim El Gueddari, le Patron de l’équipe, pour cette consultation gratuite.
Nous soulignons que la caravane médicale a réalisé cinq cent quatre vingt dix neuf consultations multidisciplinaires.
Consultations de dépistage du sein et du col : 158 cas
Consultations ophtalmologiques : 257 cas.
Consultations ORL : 110 cas.
Consultations pédiatriques : 59 cas.
Consultations Urologiques : 15 cas.
Les médecins avaient procédé également à la distribution de quelques médicaments.
La directrice de l’hôpital de Midelt a participé activement à cette journée par sa présence et par la mise à la disposition de l’équipe médicale du matériel de sa formation.
Au nom de l’Association Al Amal, je tiens à exprimer mes vifs remerciements au Professeur El Gueddari de l’Institut National d’Oncologie ( Rabat) et à son honorable équipe .
Je tiens à remercier également les autorités locales et les volontaires du Conseil Municipal , aux bienfaiteurs et à la Direction de l’Hôtel El Ayachi pour leur contribution, chacun dans son domaine, à la réussite de cette opération de solidarité. Une mention spéciale pour Melle Hafsa Bechar , l’instigatrice de cette consultation au profit des démunis de Midelt.
mercredi 14 octobre 2009
La Tomate de Tissouit N'ait Sghrouchen

Une mouche appelée par les scientifiques Tuta Absoluta a ravagé cette année des champs entiers de tomates dans plusieures régions du Maroc , ce qui a eu comme conséquence une augmentation du prix de la tomate qui a atteint des niveaux record 15 dh le kg et plus .
Tissouit N’Ait Saghrouchen, une petite bourgade de quelques dizaines d’habitants sise au pied d’El Ayachi , a sauvé la face . Sa production de quelques tonnes n’a pas été touchée par cette mouche mineuse de tomates.
De Juin à Octobre , les paysans de Tissouit dotent le souk de Midelt d’une tomate de bonne qualité. De calibre moyen , non uniforme , couleur inhomogène , un dégradé de rouge, chair épaisse , la tomate de Tissoit est juteuse regorgée d’eau de roche des sources d’El Ayachi. Sa saveur dégage le gout d’une véritable tomate naturelle.
Bravo aux producteurs de cette tomate bio qui ne ressemble certes pas aux tomates rouges calibrées des étales des supermarchés, ces tomates sont très belles mais regorgent de produits chimiques et sont dépourvues de gout.
dimanche 4 octobre 2009
Midelt: une rixe entre juifs berbères
Comme je l’avais mentionné dans l’un des anciens billet publiés dans ce blog, l’Outat ( l’actuelle Midelt) offrait au début du 19 eme siecle une image différente de celles des autres agglomérations bérberes du Moyen et du haut Atlas : Ethniquement, la population était composite : en plus des tribus dominantes, les Ait Izdeg et les Ait Ouafella , il y avait plusieurs catégories d’éléments allogènes : les Iguerouanes, les Ait Seghrouchen, Les Oulad Khaoua, Les Ait Hdidou, les Filalas et les Juifs.
Les juifs Ait Ouafella vivaient dans Ksar Lekbir. Les juifs Zedgui vivaient à Ksar Athmane Ou Moussa et à Ksar Bousmella.
Le Marquis de Segonzag rapportait qu’à la fin du XIXè siècle : « les juifs ont une situation exceptionnelle chez les Ait Izdeg et les Ait Ouafella ».
Les témognages oraux des anciens Outatiens nous rapportent qu’ils avaient des rapports de bon voisinage avec les juifs qui vivaient avec eux dans les Ksars suscités. Les juifs Zedguis et Afellaouis étaient fellahs et possédaient les terrains qu’ils travaillaient eux-mêmes ou qu’ils faisaient travailler par des khemas (métayers au cinquième).
Une source orale , un vieil homme de Ksar Tamoussa Ouâlit nous rapporte qu’il avait assisté , dans les années 30 du siècle passé, à une rixe entre les juifs Zedguis de Bousmella et ceux de Athmane Oumoussa. En quelques minutes la bataille s’engageait , l’honneur des deux ksars était en jeu. La bagarre entre les deux clans s’était produite non loin du sanctuaire du Saint Sapharide , Moul El Kaf. Toujours, selon notre source, des coups de Bouheba (ancien fusil) étaient échangés.
Alerté, l’Amghar de Athmane Oumoussa arrivait en trombe sur son mulet, agita sa tarrezet ( turban) pour annoncer qu’il venait en parlementaire. Quelques minutes après, tout était entré dans l’ordre.
Les raisons d'un tel déchainement ? notre source pense qu'il s'agissait d'un problème d'honneur. La rixe avait été brève.
Ce qui concordait avec ce que disent les Imazighen : « chez les Imazighen, la colère est comme la flamme, vive et brève, la rancune est comme la braise, invisible mais durable. »
samedi 26 septembre 2009
L'Ecrivain Majid Blal honoré à Sherbrooke.
dimanche 13 septembre 2009
Médiocrité des téléfilms ramadanesques.
Nous traversons une période d’inertie culturelle et intellectuelle sans précédent. Le résultat est que tout cafouille. Plus aucune idée à discuter. Nos partis politiques ne communiquent plus avec les jeunes. Grand nombre d’entre eux ne font que partager les portes feuilles et viser des places au soleil.
Notre télévision, qui est sensée porter notre cher Maroc vers le monde de la modernité, œuvre dans la médiocrité, l’approximation, la mauvaise improvisation et la production bâclée. Elle reste spécialiste dans le travail de « belmiz » (expression dialectale signifiant « approximativement). Elle oublie que ce qui se joue sur la scène est destinée à toute une communauté. Cette communauté que forment les téléspectateurs. Elle oublie également que la scène, comme le dit Brecht : « apparaît comme le microcosme de la société à laquelle appartiennent ses spectateurs. ».
Le microcosme que nous présente notre télévision, en ce mois sacré de Ramadan, n’a pas coupé avec l’ancienne méthode de « qdi haja » (laisser aller). Au lieu d’apprendre à nos enfants à respecter le droit d’autrui et à verser dans l’honnêteté, la rectitude et l’altruisme, elle leur inculque, par ses navets, une éducation de la jungle en leur apprenant à être « des loups pour éviter d’être dévoré par d’autres loups ». Elle fait, dans l’écrasante majorité des films qu’elle produit, l’éloge de la richesse ostentatoire et d’un monde où seul l’argent compte.
J’espère que notre télévision cesse de nous présenter ses cafouillis, et qu’elle coupe avec ses méthodes dépassées de « qdi haja » et de « belmiz », qui ont causé et causent encore des dégâts dans plusieurs domaines dans notre pays. Elle devrait mieux miser sur le sérieux et l’exigence.
NB : les lecteurs assidus de « Aicha Bassou » trouveront la fin de l’histoire dans le livre qui paraitra dans quelques semaines.
dimanche 6 septembre 2009
Le monde de Aicha Bassou (46)
Voici une semaine que Tassekourt était revenue chez elle. Une semaine pendant laquelle il pleuvait inlassablement, mais par à-coups. Une pluie en orages telles que les montagnes d’Al Ayachi, seules, peuvent en faire naitre. Pluie bienfaisante, cependant, puisqu’elle permettait aux pauvres paysans de la région, d’être moins inquiétés pour leur année agricole.
Depuis son arrivée chez elle, Tassekourt pleurait beaucoup, souvent jusqu’à en avoir les yeux rouges et enflés. Elle ne mangeait pas à sa faim. Elle maigrissait.
Un soir, son père, qui avait eu vent de ses sorties avec Ouadichane à Tighermine et qui avait trouvé une montre d’homme près de son oreiller, lui interdit de sortir de la maison. Il lui rappelait qu’il n’était plus toute jeune fille, qu’elle est maintenant fiancée et qu’elle devait connaître les règles de bienséance.
- Ton futur mari est un grand monsieur, très connu dans la région, lui dit-il, si jamais il apprend que tu étais sortie avec ce vaurien, il me mépriserait en pensant que je n’ai pas su éduquer mes enfants. Jamais ! Au grand jamais ! Je ne pourrais ainsi perdre la face et devenir tatssa (la risée) du village.
- Ouadichane a de bonnes intentions, il voulait …., et puis Hajjou était toujours avec moi, la pauvre jeune fille essayait de se défendre d’une voix blanche. La colère l’étouffait à en pleurer.
Comme beaucoup de natures faibles, Oujaghrour était violent à l’égard de ceux sur qui il exerçait une autorité.
Il semonçait sa fille ainée devant ses trois jeunes sœurs qui étaient assises à l’écart près d’almessi. Son épouse , qui était dans la cour, et qui avait tout entendu, accourait .
- Il ne vaut pas la peine de te mettre dans une telle colère pour une si petite affaire. Regarde comme elle a l’air misérable.
- Fest chemine (toi, tais toi ). Qu’est ce que, vous les femmes, vous y comprenez ? lui reprocha Oujarghrour, avec hauteur. Et il ajouta sévèrement :
- Quelle belle éducation tu lui a donnée. Je crois que le mieux serait de l’envoyer, au plus tôt, chez les Ait Oubaw. Avant qu’elle ne m’apporte chan ouhziz (batârd).
La mère de Tassekourt s’arma de courage et vitupéra :
- Tu deviens fou ou quoi ? Oser dire des choses pareilles devant ses filles ! Tu n’as pas honte. Notre fille s’est toujours bien comportée jusqu’ici. Et ne saurait rien faire de mal.
Pourquoi cherches-tu à la dénigrer ?
- Ne te mêle pas de ça, dit Oujaghrour d’un geste méprisant de la main, avant de sortir.
Tassekourt devint pâle, elle eut un frisson puis tomba par terre évanouie. Sa mère entreprit de bassiner les tempes de sa fille avec de l’eau de rose. Quelques instants après, la jeune fille retrouva ses esprits, redressa son buste et s’assit, regarda sa mère et ses sœurs assises à ses côtés et se mit à pleurer.Le froid dans la piéce était penétrant.la neige commençait à tomber sur Taghzout.
dimanche 9 août 2009
Le monde de Aicha Bassou ( 45 )
Après avoir mangé goulûment les premiers beignets et bu les premiers verres de thé , les trois hommes commençaient à bavarder.
Leur conversation au départ était naturellement centrée sur l’ambiance du souk. Ils en vinrent à la fin du repas à parler du problème du mariage de Tassekourt. Le charismatique Oubennacer tamponna de ses deux mains, pleines d’huile de beignets, sa belle barbe poivre et sel. Il toussota et s’adressa au père de Tassekourt.
- Ecoute, Oujaghrour, Ali et moi nous sommes venus te trouver aujourd’hui pour te soumettre une demande de ta fille. Tout en prenant avec une sorte de familiarité la main de son interlocuteur, Oubennacer continua : le mariage de ta fille avec Oubaw a été décidé par toi seul, ni ta mère, ni ta femme, ni personne dans la famille ne voulait de ce mariage, et surtout l’intéressée. Elle refuse catégoriquement l’union avec ce vieux qu’elle n’estime pas. Aussi, Ali et moi, nous sommes là pour te demander d’annuler ce mariage.
Ali Outamghart continua sur le même ton qu’Oubennacer
- Puisque ta fille ne veut pas de cette union et refuse d’entrer dans cette famille de mauvaise moralité, pourquoi n’annule- tu pas cette promesse au mariage ? Tu pourrais ainsi éviter un malheur à ta fille.
Le visage d’Oujaghrour, marqué par les épreuves de la vie, se crispa. Il sentait tout son sang lui affluer à la tête, et la colère lui nouer l’estomac. Il haïssait au plus haut point sa fille et si elle s’était tenue devant lui, il lui aurait administré des gifles monumentales.
- Ecoutez, ayaraou (messieurs), dit Oujaghrour en criant, j’ai promis ma fille à mon ami Oubaw, je savais ce que je faisais et je ne m’en dédis pas . Ce mariage se fera inchaallah, aouna iran aouna ouririn ( de toutes les manières) même si je dois enfermer cette damnée mule dans l’ahanou (cachot) jusqu’à la cérémonie. J’ai donné ma parole, trancha t il, si je m’en dédis je perds l’honneur. Il ajouta, ne dit on pas chez nous que la parole est comme une balle , une fois partie elle ne revient plus.
- Une promesse n’est pas un engagement, assura Ali Outamghart
- Il est arrivé à des personnes parfaitement honorables d’être conduites à rompre des fiancialles, continua Oubennacer.
- Je ne suis pas de cette catégorie de gens. Je ne reviendrai pas sur ma décision.
Et à Ali Outamghart d’ajouter :
- Il y a un jeune fonctionnaire de Taghzout qui s’intéresse à Tassekourt, je crois qu’ils s’adorent tous les deux, si tu mets fin à ce mariage il viendrait demander la main de ta fille.
- Ecoutez messieurs, je ne vais ,tout de meme pas changer un homme intéressant possédant argent et puissance, un homme dont beaucoup d’amis sont de hauts fonctionnaires, par un petit fonctionnaire de Taghzout.
Pas plus tard qu’il y a une semaine, le responsable régional est venu manger chez lui et jouer ronda (jeu de cartes) avec lui. Votre demande ne change rien à ma décision, mes amis. Et s’adressant à Ali, je viendrai récupérer cette taghioult (ânesse) la semaine prochaine. Il termina ainsi son discours sur un ton sans réplique. Oubennacer ne répondit rien, il gardait son verre de thé dans la main en fixant l’ouverture de l’aguitoune par laquelle Oujaghrour était sorti. Ali Outamghart manifestait bruyamment son indignation.
- Les gens comme Oubaw ne seront surement pas récompensés par l’amoutl (tribunal mystique). L’amoutl veille, il les touchera tôt ou tard, inchaallah. Le corrompu Oubaw payera, ses affaires louches péricliteront, et sa fortune colossale et illicite fondera comme neige au soleil. Ali Outamghart disait cela tout en ayant en arrière pensée les dires du cavalier du garde forestier Oukeza à propos du rapport de l’inspection des eaux et forets.
