jeudi 26 avril 2007

Hommage à Soeur Geneviève PRAT.

Discours prononcé au Centre Socio éducatif Al Amal, en présence des amis de l’association en 2005, et que je tiens à publier aujourd’hui pour renouveler mon hommage à cette grande dame âgée aujourd’hui de 80 ans et qui est toujours active au sein de l’association.
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Je vous remercie d’avoir accepté notre invitation, et je remercie tout particulièrement ceux qui ont fait un long voyage pour venir à Midelt, célébrer avec notre bureau l’hommage que nous tenons à rendre avec respect et considération à une immense personnalité : Sœur Geneviève Prat, la fondatrice de notre association humanitaire Al Amal.

Chère Sœur, je n’estime pas avoir le talent suffisant pour que ce simple discours soit à la hauteur de votre personne. Pour parler objectivement et sereinement de votre carrière d’enseignante au Maroc, c’est une biographie qu’il faudrait écrire ; et cela me semble relever du travail d’un professionnel de l’écriture. De toute évidence, mon mot sera très insuffisant, il ne peut englober que les aspects connus de votre travail de longue haleine, un demi-siècle, dans notre pays.

Vous avez toujours choisi de travailler de manière non ostentatoire et vous préférez laisser vos sacrifices muets. C’est pour cela que je ne ferais que survoler les aspects connus de votre carrière.

Depuis votre arrivée au Maroc en 1954, vous vous êtes vouée entièrement à votre noble vocation : l’enseignement, l‘éducation et le savoir. Vous avez œuvré pendant des décennies avec abnégation et compétence dans plusieurs régions du Maroc : Meknès, Casablanca, Rabat, Midelt (en 65-66), Goulmima, Khouribga et encore Midelt. Dans toutes ces villes vous avez formé pas mal de générations, vous avez guidé, orienté et inculqué à vos élèves le sens des responsabilités, les vertus de l’effort et de la patience. Votre perspicacité était déterminante pour le devenir de beaucoup d’entre eux qui sont actuellement de hauts cadres dans notre pays.
Parallèlement à votre travail d’enseignante, vous vous êtes toujours intéressée aux familles pauvres et à leurs enfants.
Par votre intermédiaire, un nombre considérable d’enfants présentant des malformations faciales ont retrouvé la joie de vivre.

En 1990, à l’âge limite qui vous donne droit au départ pour une retraite amplement méritée, après une carrière longue et laborieuse, à l’âge où d’autres songent au repos, vous avez continué votre noble travail avec plus d’ardeur encore et de dynamisme.

Aidée par quelques bonnes volontés, vous avez ouvert des classes de soutien scolaire et une bibliothèque à la Kasbah Meryem aux centaines d’élèves démunis de Midelt.

En 1996, avec l’aide d’une poignée de volontaires, vous fondez l’association Al Amal que j’ai l’insigne honneur de présider depuis cette date, dédiée à l’aide de l’enfant en difficulté à Midelt. Les membres de l’association s’évertuent à donner le meilleur d’eux-mêmes pour continuer ce que vous avez toujours fait, l’enseignement et l’aide aux pauvres.Vous suivez le travail de tous en véritable directrice d’entreprise.
Vous connaissez les animateurs, les bénévoles et un grand nombre de bénéficiaires. Vous insistez sur la formation des animateurs, pour développer les acquis, en matière d’encadrement pédagogique et d’animation culturelle.
Vous dites toujours que la continuité de l’association ne peut se faire sans des animateurs compétents. Pour vous, le diplôme seul ne veut rien dire. Ce qui compte c’est la vocation et le travail sur le terrain.

Bien entendu, les moyens de l’association sont presque inexistants. Elle n’a pu réaliser ce qu’elle a réalisé et manifesté sa solidarité avec les démunis, qu’avec l’aide de ses collaborateurs et partenaires ; citons Caritas, la Ministère de l’Education Nationale, le Cercle des Ambassadeurs, le Rotary Club de Perpignan, l’heure joyeuse et les particuliers.
Je tiens à exprimer à tous ceux là, la profonde gratitude du bureau de l’association et des bénéficiaires.
Je tiens à saluer le dynamisme de tous les amis de l’association, les volontaires au Maroc et à l’étranger qui contribuent grandement à faire connaitre Al Amal.
Et avant de finir, ma sœur, je voudrais dire un mot sur une manifestation symbolique qui a une portée très significative, à savoir l’université d’été . Cette manifestation que vous avez entamée il ya quelques années est devenue une tradition. Chaque année nous recevons une vingtaine de jeunes français qui viennent , pour quelques jours, tisser des liens d’amitié avec les jeunes marocains, connaître notre culture et nous aider dans la réalisation de quelques projets.
Par cette initiative, vous avez collaboré au dialogue interculturel entre le nord et le sud, dialogue fort nécessaire en ces moments difficiles que vit l’humanité.

Pour finir, veuillez accepter les remerciements et la gratitude des membres de l’association pour tout ce que vous avez fait dans notre pays en général et à Midelt en particulier. Ce travail colossal ne peut émaner que d’un être passionné par le Maroc et ses hommes.

J’espère, Sœur Geneviève, que vous allez garder longtemps votre dynamisme.
Et soyez assurée de l’affection et de la solidarité de tous les membres de votre association.

Je tiens à remercier mon ami Roger VISSE qui avait fait publier cet hommage dans la revue SALAM n° 156-2005.

3 commentaires:

Pas a pas a dit…

Bonjour
Quand j'habitais Midelt, les soeurs avaient une réputation fabuleuse par le soutien qu'elles apportaient à la population marocaine
Je sais que par exemple qu’elles aidaient les jeunes mères en difficulté en leur apprenant la broderie, parmi d'autres enseignements
Mes parents chaque année se rendaient pour les aider en achetant notamment des services brodés
La qualité est telles qu'aujourd’hui encore nous les utilisons, et il m'arrive de penser a elles
L’une d'elle m'avait impressionnée et vivait seule quelque part en Hermite
Mes parents lui rendaient parfois visite, mais je ne me souviens pas ou c'était
Patrick

Anonyme a dit…

Mon cher ami, c'était le moins que je puisse faire ... je crois que la congrégation s'appelle "les petites soeurs des pauvres". On ne les remerciera jamais assez, ainsi que ces associations qui se mettent au service des plus pauvres. Amicalement

Dr Mouhib Mohamed a dit…

les soeurs continuent àtravailler dans les ateliers que vos parents ont connu. leur atelier est devenu un site touristique tres visite par les touristes.merci
pour ce temoignage .pour patrick