lundi 2 mars 2015

Outat- Missour- Oulad El Haj

Oulad El Haj( tribu mère des Oulad Khaoua)


Oulad El Haj avaient prospéré au cours du XVIIIè siècle dans la région d'Outat El Haj, ils obtinrent l'appui des Oulad Youssef, tribu comprenant de nombreuses fractions, parmi lesquelles les Oulad Abdelkrim les plus nobles , les touals, les Morafira, les Oulad Nfir, les Mouarif, les Oulad Aissa, les Oulad El Bekri, les Fotfala, les Oulad Nasser. Leurs chefs et leurs Caids furent choisis chez les Oulad Abdelkrim qui groupèrent les Oulad El Haj.

Les Oulad El Haj établirent leur dominations sur les tribus voisines. Les berbères des environs vinrent se réfugier chez eux. Les Oulad El Haj ainsi renforcés luttèrent contre les arabes de la Dahra ( les bni Mguil), contre les Houara, les Marmoucha et les Ait Boughanem. Il y eut à cette époque, beaucoup de sang répandu et beaucoup de ruines accumulées.
On disait en parlant des Oulad El Haj que:« leurs biens se trouvaient dans leurs montures» .

A la deuxième moitié du XVIIIè siècle, des luttes intestines éclatèrent entre les Oulad El Haj. Elles persistèrent l'espace de toute une génération ( luttes dans lesquelles vieillit le nouveau né). Le vieux détesta son voisin, et toute la région fut profondément troublée. Alors, les Oulad Aissa, les Maârif, les Achach et les Hmouyine s'enfuirent chez les Houara. Les oulad Hmid se séparèrent également des Oulad El Haj et allèrent habiter chez Oulad Sidi Yaacoub. D'autres vont vers la région de Ksabi et d'Outat, ce sont Oulad Khaoua.

Les berbères d'Almiss, Trioura, Bni Hayoun, Oulad Said rejoignent leurs frères dans la montagne.

Les Oulad El Haj et les Oulad Khaoua ont été comme déjà mentionné des nomades, ils ont mené une vie collective qu'exigeait le bien commun, vie dans le même pâturages, dans les mêmes zones de nomadisation, la défense contre les razzias. Il y avait chez eux la croyance en un ancêtre commun, le cheikh respectable et responsable de leur tribu. Les noms de ces ancêtres se perpétuent aujourd'hui chez les Oulad El Haj et Oulad Khaoua, malgré l'affaiblissement de la vie communautaire. On est fils de: des Oulad et des Ben.

Oulad El Bekri, Oulad Aissa, Oulad Dahmane, Oulad Hachlaf, Oulad Cherif, les Ben Taher, les Benikhlef....

Texte tiré de mon livre qui verra le jour très prochainement: "Midelt- Esquisses Historiques et Culturelles".

mercredi 18 février 2015

Il neige sur Midelt



Il neige sur Midelt. Cette fois c'est une véritable neige , la ville n'a jamais vu autant de neige depuis plusieurs années. Le paysage immaculé que nous voyons de la terrasse de notre igloo est fantastique. Les noyers , les cyprès et les pommiers de la place verte sous la neige offrent aux yeux une image idyllique. Un silence absolu règne sur le quartier, on le dirait tiré de l'éternité.


Mais à côté de ce tableau féerique, il y a le revers de la médaille, Midelt et sa région sont isolés. Les régions enclavées de l'arrière pays le sont encore plus avec la neige. Les denrées alimentaires et le bois de chauffage risquent de manquer si la neige continue avec la même cadence.


jeudi 5 février 2015

Meknès- Midelt: les Igrwane.



Vers le début du XVII siècle, les Igrwane étaient installés dans la vallée de Taghia, haut Ghriss. Ils nomadisaient dans cette région au même titre que les Imelouane et les Izeroual. (29)
La tradition orale nous rapporte que les ancêtres des Igrwane possédaient beaucoup d'alliances familiales avec les Ait Sidi Bouyaâcoub.

Chassés par les Ait Atta et les Ait Hdidou de la région sus-citée, les Igrwane remontaient au même titre que les autres tribus de Taghia vers le nord. Ils participaient selon capitaine Henry en 1689 à la bataille de Tizi N' Telghoumt qui les opposait aux Ait Atta. C'est très probablement en cette période qu'ils se sont installés dans la Haute Moulouya Orientale où ils avaient adhéré à l'ancienne confédération Ait Idrassen qui commandaient comme nous l'avons déjà mentionné cette région.

La migration qui a amené les Igrwane au nord du Moyen Atlas, région de Meknès actuelle, divise les auteurs AZZIANI, ATTURJAMANE, rapportés par Laârbi MEZZINE (le Tafilalet p.118), déclaraient que les Igrwane étaient battus, en 1770-1771, au Nord du Moyen Atlas, par les Irklaoune (fraction des Ait Mguild) qui les forçaient à descendre dans la plaine de Sais. René REYNAL, lui, nous donne une autre version des faits. Il écrit : « les Ait Ouafella avaient demandé, avant 1850, le secours des Ait Izdeg contre les Igrwane de l'oued Outat. Ces derniers battus, étaient chassés vers l'Agourai au nord du Moyen Atlas ». Il ajoute que les terres des vaincus étaient partagées entre les Ait Izdeg et les Ait Ouafella Said GUENOUN semblait du même avis que REYNAL.
D'autres sources parlent d'une déportation par le Makhzen après la fameuse guerre de Sidi Ayad qui a opposé les Ait Oumalou aux Ait Idrassen.

Les Igrwane possèdent toujours un ksar à Midelt.