Le mariage eut lieu à Taghzout dans les jours qui suivirent, le père d’Ouadichane, content du retour de son fils, n’avaient pas lésiné sur les moyens. Au cours des préparatifs de la noce, il déclara à son épouse et à ses filles : « Said est mon seul fils, il faut que son mariage soit exceptionnel. Nous allons inviter divers groupes folkloriques : ahidous, imediazen et même B'Oughanime.
Les festivités avaient duré plusieurs jours.
Oujaghrour, le père de Tassekourt, qui ressentait il y a quelques jours la plus véhémente répulsion et le grand mépris pour les Ait Ouadichane, leur témoignait aujourd'hui le plus fougueux attachement. Dans ses habits des grands jours, il était fier et ne cessait d'incliner son turban en cotonnade jaune, en signe de profonde satisfaction. Le sage Oubennacer , qui avait remarqué ce subit revirement s'adressa à Ali Outamghart:
- Laâjab ( bizzare), comme les gens changent!
- Une véritable girouette! Baz assidi! ( quel culot!), répondit Ali.
Du coté des femmes, Aicha Bassou discutait avec sa bru :
- Je suis très contente de ce mariage. Je savais que Tassekourt était faite pour Ouadichane et Ouadichane pour Tassekourt. Partout, les gens parleront, cette année, de leur mariage. Cette fête a dépassé en splendeur tous les mariages vécus jusqu’à ce jour dans notre région. Oubaw,dans sa prison crèvera de jalousie quand il apprendra le faste et la magnificence avec lesquelles s'était déroulée la fête.
Le lendemain de la nuit n’oukechoum, le couple était heureux et transporté de joie. Tassekourt, touchait son mari comme, pour mieux se persuader qu’elle ne rêvait pas, qu’elle avait vraiment quitté la maison de ses parents. Cette maison, ou plutôt cette prison, devant la porte de laquelle son pére montait la garde.
Un sentiment de sécurité s’empara d’Ouadichane qui rôdait dans les ruelles étroites de son village. Il n’éprouvait plus aucune inquiétude. Il savait qu’il se retrouvait dans son élément naturel au milieu des siens, dans un monde où les lois de solidarité et d’entraide étaient encore respectées. Il se sentait libre, délivré de la vie trépidante et artificielle de la ville. Finies les traites de fin de mois, finies les échéances des crédits inutiles de consommation, finis le stress des lundis et finie aussi la pollution des tuyaux d’échappement.
Avec l’aide de sa famille et de ses amis, il avait construit une belle maison en pisée, non loin de la source de Tighermine,et à quelques métres seulement de la maison des Ait Bassou.
L’avenir apparait à Ouadichane plus souriant et les images qu’il en faisait se dessinaient plus clairement devant ses yeux.
Les mois passèrent, Ouadichane s’adaptait à sa nouvelle vie, la devise de solidarité de sa tribu devenait sienne : « ou tout le monde ou personne !»
Il se donnait, désormais, corps et âme au service de la tribu. Ouadichane qui passait à Meknès et à Midelt tout son temps libre sur les terrasses des cafés, se sentait dans son fief, avoir plusieurs bras . Il soignait les petits bobos des gens du village, il participait à la touiza ( travaux collectifs), il procédait même au toilettage rituelle des morts en l'absence du fqih.
Ouadichane vivait, à l’instar des siens, du rendement de l’élevage et de la culture céréalière du champ fertile hérité de sa mère. Oukezza et Ali Outamghart lui passèrent le virus de la chasse.
Au crépuscule d’un après midi du mois de Mars, Ouadichane, le dos courbé, les bras à l’effort. Il creusait dans son jardin des cuvettes pour la plantation d’une dizaine de pommiers. Quand il leva les yeux, sa bien aimée était là. Elle lui avait apporté le thé et le pain qu’elle venait de tirer du four à main. L’odeur du pain chaud se mélangeait à la douceur printanière. Tassekourt était accompagnée d'Ouskay, un chien de garde de race locale, un berger de l’Atlas. Il sautait à sa gauche et à sa droite, il aboyait de joie.
Ouadichane essuya le front au revers de sa manche. Il lui dit, en portant l’index à son ventre rond : « j’espère que l’enfant que tu portes là te ressemblera ». Taskourt souriait, son beau sourire s'harmonisait avec l'aspect fantastique, que donnent les différents tons dorés à ces hauteurs du haut atlas. Les reflets crépusculaires tranchaient avec la belle couleur ocre de la petite maison de Taskourt et Ouadichane.
FIN.
dimanche 12 septembre 2010
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6 commentaires:
Asuɣel s Tmaziɣt
"Amaḍal n Ɛica Bassu 49"
Idda izrey wayyur n yunyu. Anerɣi imgullid. Adday d aɣulen irizen n Taɣzut g yigran, ar temnaqqaren g-imi n-iɣrem. Icirran ar tlahan qqenyuffer neɣd s tikwɛa g-inurir. Tiwetmin ḍart imensiten dad teddunt ad qqiment ddaw iwudir n tgimmiwin nsent.
G taɣzut, g Tiɣrmatin d g akw amata n-iɣerman n-imudil n Watlas axatar, ur da ittubdar ɣas timurkisin n Ubaw d trabbut nes n-imexxaren n-tayda nitni d tzaraft. Cigan n winna mi ittuzenza ukecciḍ n tagant d cigan g iɛssasen n tagant igraten g ufus uneqqis n merziwt gan ait waman d taganin s ibeddi n umanam Boujemɛa.
Ukezza yuwḍen akw allig d-issafeɣ ass n-uzeraf n Ubaw. Qad yili ass n semmumraw yunyu.
Ubaw ig ammi ur-tt yuwiy akw g-uyenna ɣifes ittuyinin. Iqqima zuned netta, ansebrag amassas. Iga, amm ku tiklet ɣef uɣamus d-ixewwiḍen akw g temnaṭ s iqariḍen nes imerkan.
Itsen irizen idrusen g iɣrem ar-as tekkan tasga. Wiyeḍ imkddlen, g illa Ujaɣrur, bab n Tasekkurt sulen ar-as sserwun awal ammi ur ẓrin amya.
Afad ad-asen yini i imezdaɣ n-iɣrem is iga amassas n tmazirt ur iggwiden i tezraf, Iwet akud i-tmeɣra nes g-wass g-tt nn iqqen ad ikk dat unezzarfu ɣef mayed ur uḥlin nna isker.
Mar-ad iswer awal n-tutra nes, Yuzen Ubaw s-tgemmi n tislit yat tariyt g-illa sekwer, aḍerez, tixencay n uwerr, anella, tiglay tiqurarin, tiyni d izimer n tɣerṣawt. Tirezzifin-a usintent tɛerrimin, ittiriren, tterridunet ar ggarent tiɣwratin.
Ait tgemmi n Tasekkurt zuned nitni, ssagren i inaragen d-ait tawja ad asen awsen ad ḥtalen i tmaɣra nna innan ad ikk, imkinna inna Ubaw,mraw n wussan.
Aqnaḍ d warasirem dlen aqwmu iḍrafiy n Tasekkurt. Tkat iymeṭtawen isefsayen iman. Tama nes, nannas n seg yu nes ar-tt tsfesta s-imiḥ. Mayes ar-as teni zuned ku tiklet :
- Biy imeṭtawen ayelli, aggwal nem d Ubaw, mimun nem ayin. Iqqen kmin att telqwmed. Han ubaw iga yan uryaz iḍrḥen, qqad-kem irar ar-d tilid g umeddaz.
Yat teterrast tanaragt ɣef-mi ikka zuned uya n Tasekkurt, tukez azɛaf nes, tenḍud tennayas i-tnaragt nes s-usbelḥisey :
Nekwni tiwetmin, ur-nn nusi g umya dat tassast n-itsen id amm Ubaw.
Ait Bassu d wiyed ait tawja nsen, ur irin ad inem waggal-a, ur-d llin g tmeɣra-a mi teḥtalen.
Aneqqis = rapport
Amanam = honnête, sérieux
Semmumraw= quinze
Ansebrag= orgueilleux
Amkddel = hypocrite.
Yu = mère
Anezzarfu= juge
Aḍerez ,udi = huile
Anella = henné
Awes = aider
Warasirem = désespérer
Bonjour,
Encore une fois je n'arrive pas à envoyer les épisodes que j'ai traduit.
Merci de voir s'il n'ya pas un seuil de poste par membre ou IP, ou autre restriction pour commentaires.
Salutations.
bonjour
je viens de voir le mot fin epilogue
donc le livre est terminé
A quand l'edition pour me le procurer
mes amities
avez vous reçu mon mail?
mes amities a la famille
Bonjour Patrik.Enfin je viens de finir ^^le monde De aicha Bassou^^;travail qui m'a pris beaucoup de temps.et qui a reçu pas mal de commentaires encourageants dont les tiens au tout debut de l'histoire.je suis entrain de chercher un éditeur chose non aisée chez nous.Bien à toi,
Azul fellawn,
je voudrais contacter Dr. Mouhib Mohammed pas email.
Merci.
mon E-Mail est: msroub@yahoo.de
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