dimanche 29 mars 2009

Le monde Aicha Bassou (32)

En se rendant vers la maison, Ouadichane était parcouru d’ondes de joie et de bonheur. Un peu après la prière d’Al Asr, l’acte du mariage fut établi par le Fquih du village , en présence de quelques notables et des membres de la famille. Toute sa vie Ouadichane devait garder la reconnaissance à Ali Outamghart pour l’honneur qu’il lui avait fait en le faisant participer à cette cérémonie familiale.
L’ambiance dans la grande salle était cordiale. Ouadichane avait sympathisé avec le Fquih, un Fquih « light » sans barbe, toujours souriant. Il était très apprécié par les Ait Tigharmin pour sa tolérance, sa conduite complaisante et ses hadiths (prêche) apaisants. Il était de la région et il avait appris son savoir à la Zaouia de Sidi Yahya Ou Youssef, le premier pôle religieux de la haute moulouia orientale .

Juste après la rédaction de l’acte, les youyous des femmes déchirérent l’épais silence de Tigharmin. Sous l’Assequif (sorte de préau), les jeunes femmes dansaient l’Ahidous des Ait Yahya et chantaient les Izlanes en vogue dans la région. Taoudouhant, l’épouse de Rahou Oukousser, menait la danse. La cinquantaine passée, Taoudouhant était une femme obèse, elle avait les yeux jeunes et étincelants, et, dans chaque côté de la bouche, quand elle chantait, brillait une dent en or . Son dernier fils de deux ans sur le dos ne la gênait pas. Elle maniait Talount (tambour) avec une dextérité professionnelle. Taoudouhant faisait partie de ces femmes aimables, gardiennes des chants et de la poésie locale.
Rahou Oukousser officiait le thé dans la salle où se tenaient les hommes, et chaque fois que son épouse changeait d’Izlane , avec sa voix frisant la raucité, il souriait et inclinait sa Tarezt(turban) avec fierté et même un peu de vanité.
Ouadichan , lui, était assis exprès près de la minuscule fenêtre qui se fermait par un volet à bois. Il n’avait d’yeux que pour ce qui se passait sous l’Assequif. Son cœur s’était mis à battre violemment quand il avait remarqué sa bien aimée parmi les danseuses.
Un certain moment, Tassekourt avec son joli Atefas multicolore (caftan) se mit à danser avec une autre jeune fille au centre d’Ahidous. Elle avait le démon de la danse. Elle frémissait son tronc et ses épaules, remuait ses hanches et ondulait son ventre avec une aisance et une élégance extraordinaires. A la voir ainsi Ouadichane était aux anges. Il sentit son sang cogner dans toutes ses veines .
Tassekourt avait été le clou , presque le délire de la soirée. Elle avait été rappelé par les encouragements des femmes présentes, et évoluait plusieurs fois , sur un tapis rouge grenat, d’un coin à l’autre de l’Assequif .Taskourt, enchanta une fois de plus Aicha Bassou ,qui lui trouvait un air des Ait Bassou ,et meme une certaine ressemblance à la jeune fille qu'elle avait jadis été.

4 commentaires:

mustapha a dit…

Merci encore Docteur pour cette histoire si attachante, on attend avec impatience la suite

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Mustapha ,merci pour vos pssages encourageants.

yassan a dit…

Asuγel s tmaziγt :
"Amađal n Σica Bassu 32"



G ubrid s tgemmi , ggufinet-dd tiysasin n-umeddaz i-Uεddican. Yan imiq đart tzallit n lεaser , iwett lfeqqih n-iγrem lķiđ n waggal s yili n-itsen imeqwranen n tmazirt d ait tawja. Uεeddican Add iķettiy aķw mayed idder asxiter as iga Σli Utemγart tt issammun g usqqimu-a.
G uħanu axatar illa iħla wađu . Uεddican imsasa d lfeqqih igan alumađ , iṭesṣan aha. Hmlenet ait Tiγrmatin xef ussuref nes , tanumi nes d id lhadit nes ifessasen. Iga u tmazirt ihṣan awal n waqquc g Zzawit n mas Yahiya u Yusef , asfaylu amezwaru amasγan amzwaru n melwit n unqqer.
đart tirra n lķid n waggwal , ndhent tγwratin n tutmin ṛżent ifesti n Tiγrmatin .Ddaw waseqqif , llant tεerrimin ar ttaγent aħidus n-ait Iħiya , ar ttirirent izlan icnεen g tmazirt.
Tawduħant igan tameṭtuṭ n Rhħu Ukuser ar tessudu acđaħ. Tawduħant izrin semmumtaw n’isegwasen tga yat tmeṭtuṭ tazurart, allen nes tisfakkatin igan zuned tin tmeżzant , d mid ittfeγ g tesga n-imi adday da ttirir yat tuγmset n wureγ. Memmis bu sin iseggwasen illan afella n tadawt nes ur dat isenbuttul. Ar as ttegga i tallunt titli n-isadaren . Tawduħant tga yat g tutmin-a itturan , ifrgen ad ur zlen izlan d tmedyazet n wansa.
Rħħu Ukuser illa d watag g uħanu g qqiman irizen. Ķu ig tgra tmeṭtuṭ nes izli amaynu , s uzwagu nes isđarđaren, da ittawiy amezmug n ṭaṭsa isseķnu taħramt nes s tximmit d imiħ awed n lhbal.
Uεddican , netta iqqima εnwa tama n yat tķamurt ittanfen s teflut n uķecciđ. Ur ddint wallen nes γas mayed izerrin g ddaw wasseqqif . isfall wull nes ar ikkat allig yanney tadda ira ammas n tinna icṭħen.
Yan imiq , tđer Tasekkurt s ufettas nes aferqac ad tecđeħ nettad d tcirratin yađen ammas n-uħidus. Tella γures tiddi n ucđaħ. ar tekkat s wabuđ d iγariwen nes , ar tsemctag ifadden nes ar tswerrerruy aεbbuđ nes s yat tawhni d uγudu mi ur illi amm netta. Iddeγ tt yanney imķi , idduhda Uεddican.yuķey d idamen g iżeγwran ne sar rekmen.
Tella tasekkurt tga titrit , Nettat ayed yuwin taγwđeft n umata n leqsart. Isenķer-tt usebγes n tutmin illan,afella n yat tżerbiyet mi teżrem tazuγi nes tenķer cigan n tikkal ar tceṭteħ seg teγmret ar tayeđ g tasqqift.Tasekkurt tesburez tayed tiklet Σica Bassu , tt yufan terwas ait Bassu , ugar aķw tsseķteyased taεerrimt tekka tga cħal aya.




Asfaylu = pôle
Semmumraw = cinquante
Ureγ = or
Asadar = professionnel
Tafekka = corps
Asebγes = encouragement

Dr Mouhib Mohamed a dit…

bonjour yassan ;bonne continuation .