Ouadichan avait passé la nuit dans le sanctuaire de Sidi Amar ouhelli. C’était une nuit agitée par les aboiements de chiens et de chacals. En pleine nuit, il se demanda ce qu’il faisait là, lui , l’infirmier qui était en contact permanent avec la médecine moderne, que doit il attendre de l’intercession d’un mort ? Plutard le docteur Boufelja lui expliqua que beaucoup d’intellectuels sont comme lui. Ils ont un mode de pensée électif et contradictoire. Ils sont attirés de temps à autre par le secteur traditionnel qui leur procure l’attrait du mystère, du rituel et de la nostalgie du passé.
Toujours est-il qu’Ouadichan, le lendemain de cette Ziara (pèlerinage), avait l’âme apaisée. Il se sentait apte à dompter ses angoisses, à être objectif et à affronter la réalité.
Il s’aspergea d’un peu d’eau à la fontaine du saint et prit le chemin du retour. Il marcha vite et se rendit à Tighermin plus rapidement qu’il ne l’espérait. Aucune idée précise n’était en lui, simplement il se répétait qu’il irait se dénicher un poste d’infirmier au dispensaire de Tounfit pour être à côté de sa bien aimée et des siens. Il rêvait de mener une vie simple dans son fief loin de la vie trépidante des villes. Il ne déserterait plus les terres de ses ancêtres, il se réconcilierait avec l’âme de ses grands parents qui reposent dans le cimetière de son village. Il ne resterait plus l’ingrat envers leurs mémoires, eux qui avaient tant peiné pour lui léguer des terres et des biens. Il ne cessait de dire : je dois mettre fin à tout ce qui avait brisé ma vie .
Dikh ad bedelkh aslikh am’ifighr ( je vais changer de peau comme un serpent)
Le soleil était au crépuscule lorsqu’il atteignit les premières maisons de Tighermin.
Et, au lieu de se diriger directement vers la maison du garde forestier, où étaient ses collègues, il se rendit chez les Ait Bassou, il entra sans cogner à la porte . Tassekourt qui filait la laine, avec un Izdi (fuseau), ne s’était pas aperçue que Hajjou avait quitté la pièce. Quand elle releva la tête , elle vit près d’elle le jeune infirmier . Il cherchait ses mots .
- M’selkhir, labass ? (bonsoir, ça va ?)
Il tapa dans la paume de la jeune fille et baisa son propre index. Il plongea son regard dans les beaux yeux noirs de la belle fille et lui sourit avec sympathie.
La jeune fille rougit, baissa les yeux, mordit sa lèvre inférieure et sourit avec confusion. Ouadichan se sentit saisi par quelque vague d’euphorie. A ce moment précis , Mha Oukousser entra dans la pièce les bras pleins de buches de bois . Tassekourt s’est sauvée et Ouadichan, pour prendre une contenance, dit à Mha :
- Iouikhed Azenar n’Ali Outamghart (j’ai ramené le burnous de Ali Outemghart). Le brave Mha lui répondit :
- Mrehba ich. (sois le bienvenu).
samedi 7 février 2009
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

6 commentaires:
Asuγel s tmaziγt :
"̏Amađal n Σica Bassu 25"
Insa Uɛeddican iđ mayed ila g ugrur n mas Σmar Uhelli. iđ g ur djin yanney iṭes s iyđan d wuccan ittaγen. G tiṭt n yiđ inna gras d iγef nes , mayed isķar da , netta igan ismgel , mi ttemnaqqar tawuri s umata d usjjujey amaynu , mayed ira ad as ķin yiman n umettin ? Ar ffir , issaķez as umejjujey Bufelja is dd cigan n waggagen gan zuned netta. Da swingimen s tγusi ar nnezrinen ulawen nsen. Ur da tbađen ķan tikkal ared nn afen iγfawen nsen kkan đart icγuten , isrɛiben , d taγufi n umezruy.
Iswa imiq n waman g ubezbuz n ugrur , iwrerrid yamezd abrid n wuγul. Ar iteddu s uγiwel yawđen Tiγermatin dat uyenna γef iga.Ur as telli awed yat tγawsa g iγef , γas da ittini ad iddu ad yamez yan udγar g ittili tawuri n usmegel g tasegleżt n Tunfit ad iqqim tama n tadda ira d tama n winsen. Ar ittetter ad izzrey yat tudret tazraragt g tmazirt nes , iɛreq i waqqur n iγerman ixataren . ur tar yad inni ad ibđu d waķal n iqburen nes. Ad imsasa d yiman n id daddas illan g isemđal n iγrem. Ur tar yad inni ad isemziy uddur nsen.nitni iwtan cigan n tamara ad ased zrin aķal d mayed igen ķa. Ķu tiklet ar ittini : iqqen-in ad ammeγ i mayed irżan tudert inew. Ddiγ ad ssenfleγ aslix inew amm ifiγer.
Ared ttaley tafuyt llig nn yuweđ izdduγen imezwura n Tiγermatin. G udγar n wad iddu s tgemmi n bu ɛari g llan imeddukkal nes , isney iγef s γur ait Bassu, iķjem meqqar ur idzi tiflut. Tasekkurt imecđen tađut s yan izđey , ur tt tuwiy g Hajju is teffeγ taḥanut. Ideγ d thezza aqerru , tinney ismgel aterras itlef as wawal .
_ timensiwin , mayed am taɛna ?
Iwet tidiķlet n terbat issudem ɛbbuz n ufus nes. Iwet telɛumt s uraɛa g wallen tiberķanin n tihli yazen as amezmug n taṭsa.
Taɛerrimt , tzegwaγ , tesḥuder allen , tader γef wancuc nes amazdar terzem i taṭsa idduhdan. Yuķey Uɛeddican d umeddaz iggufey as . G waķud-a , iķjem-d Mha Uskur s thanut irbi n iķecciđen g ufus nes . Tenjem Tasekkurt , Uɛddican iwet tisekkillas inđud inna :
Uwiγed azennar n Σli Utemγart , iraras umassas n Mha innas :
Anṣuf neķ .
Ismgel = infirmier
Aggag = intellectuel
Nnezri = contredire
Acγu = magie, mystère
Amezruy = passé, histoire
Aγiwel = vitesse
Tasegleżt = dispensaire.
Tazraragt = simple
Dadda = grand père
Ssenfel = changer
Amassas = brave
Anṣuf= bienvenu
je n'ai d'autres commentaires que de continuer a suivre l'histoire
amities a toute la famille
patrick
Bonjour Yassan j' apprends beaucoup dans vos traductions .L'intellectuel :Aggag
quel joli mot .merci
Bonjour Ptrick ;vous copmter parmi les lecteurs assidus du monde de Aicha Bassou me fait plaisir merci pour la fédilité .Mouhib
C’est la première fois que je m’interviens, peut être timide ou inexpérimenté dans ce domaine dit WEB. Par contre vos exploits publiés, consacrés à Midelt et régions, vous nous épatez à chaque article que vous mettiez en ligne .Ces recherches, ces renseignements, ces histoires que vous nous racontez c’est vraiment un exploits qu’on ne peut pas trouver malheureusement nulle part (ma fonction m’a obligé de presque bien connaître le trajet Midelt Imilchil et riverains je m’interesse)
Bonjour ,Abrid je vous remercie pour l'intéret que vous portez à mes ecrits .Et je vous remercie egalement pour votre abonnement à mon blog.Je vous félicite pour la creation de votre blog et pour les belles photos .bien cordialement .Mouhib
Enregistrer un commentaire