lundi 15 septembre 2008

Le monde de Aicha Bassou . ( 8 ) .

Le lendemain, Aicha Bassou s’éveilla la première. Avec l’âge, le sommeil s’amenuise. Ce matin tombait une pluie fine et froide, mais si peu abondante que certainement le sol restera sec et qu’il y aura demain autant de poussière qu’hier.
Aicha se dirigea tout droit vers l’autre côté de la maison où il y avait encore une petite cour, au milieu de laquelle il y avait un enclos (tazribt).

Jouxtant la petite cour, il y avait une chambre d’où sortait justement Mha Oukousr : un jeune d’une trentaine d’années bien bâti. C’était l’homme à tout faire de la maison, l’homme le plus proche pour Aicha, après son fils Ali. C’est avec Mha que Aicha discutait de tout.
Mha , fils adoptif d’une cousine de Aicha , avait comme la majorité des gens en montagne appris tout seul le métier de la terre. Il s’occupait du verger familial, soignait les animaux et engraissait le beau troupeau de moutons que Ali Outamghart préparait pour L’Aid akhatar.
Il les vendait à Azaghar (plaine). Cette activité fait chaque année des rentrées respectable pour la famille d’Aicha Bassou.

Aicha, après la mort de son père et de son mari, veillait au grain, elle organisait la vie ménagère, mais dirigeait aussi les affaires et les activités agricoles.
Elle ordonnait à Mha Oukousr la tâche de la semaine, faire transporter le fumier stocké depuis le dernier été de l’ « abedouz » au verger familial., et ceci avant l’arrivée des premières pluies.
Mha hochait de la tête respectueusement.
- « achi âaoun rebbi »

Aicha lui souhaita bon courage et prit congé de lui. Elle alla vers la volaille. Ifouloussen venaient en courant vers la vieille femme qui les appelait en poussant des « koulou, koulou, » pour la béquetée.
Les hôtes dormaient encore d’un sommeil épais. Les « thoutliouines » (brochettes de foie) et les quartiers du bouc embrochés et rôtis à la braise, servis durant le diner, avaient alourdis les corps. Le menu était excellent. Le Docteur Boufelja et l’infirmier Chakor l’avaient savouré avec d’autant de plaisir que c’était le repas de la vieille tradition amazigh qu’ils mangeaient pour la première fois.

8 commentaires:

Pas-a-pas se fait notre chemin a dit…

bonjour dr mouhib
ce qui me fais plaisir c'est de te voir aussi prolifique en ce momment,cela voudrait il dire que enfin tu peux te consacrer "a toi meme et ta famille"
j'en suis heureux,
amicalement et mes amities a ton epouse

Dr Mouhib Mohamed a dit…

bonjour Patrik; l' horaire du mois du ramadan me laisse un peu de temps pour avancer dans mon modeste travail " le monde de Aicha Bassou"merci pour tes encouragements intarrissables et pour ta fidélité.Mes hommages à Madame.Bien cordialement

yassan a dit…

Dr bsr,
je vous propose la traduction de vos écrits en TAMAZIGHT , si vous êtes d'accord je vous parviendrais a chaque épisode une traduction .voici celle du dernier en parution le monde de aicha bassou (8)

"
Asekka, Ɛica Bassu tenkred nettat d tamezwarut .kud itmγur usemmud , ar itedras yites . tifawt-a ar tettar tagut ifessusen imun d-uqraf , tedrus alliged s talkint asekka ad iqqar wakal yili ibenγer zuned asnat.
Ɛica tebbiy s tesga yaden n tgemmi g tsul yat tsaraget tamezzanet mi tella tazribt ammas nes . g tsega n tsaraget tamezzanet tella yat thanut g ɛad d-iffeγ Mha Uskures , yan uterras amedwus γur attayen n 30 n-usegwas .iga ariyaz n umata g twuriwin n tawja , iga amenmili n Ɛica daret memmis ɛli .netta ayed dad tsawal Ɛica xef umata tt-ibrin .
Mha, tesgma Ɛica ,memmis n yat temyisat nes , zuned amata n mden n-udrar ilmed i-wul nes tawuri n wakal .da ittili d wurtan ,d inmudren ar iseqwu tawrut n-inuguden nna isnili Ɛli Utamγart i tfaska. daten izenza g-uzaγar ared itadja uya n yigi ku asegwas irnuten ait wazal i tawja n Ɛica bassu..
Daret tarimant n bab d uryaz nes , Ɛica tusey anezwgum n-umata ,ar tsenyuddu tiwuriwin n jaj , maka awed tin yigran d tkerzawt .das takka i Mha Uskuser mayed iskar g imalas , isey n-usagur n-mazir n-unebdu ameggaru seg ubedduz s igran dat ad awden inuzir imezwuara .Mha yawiy iγef nes s-ushuder « ac iɛawen rebbi »
Ɛica terta-as anfelki teddu g wines . teddu s trahbiyet n-ifullusen d-irulen s temγaret asen iqqaren s « kettu, kettu » ad awγen .
Inebyawen sulen dlen s yites . tutliwin d tdewwart n izimer kenfen g imensi t-zzaziy asen tafekka nsen . ihla wutci , Docteur Boufelja d ufremliy Chakor urmen s tadfi d ususem tirmet n wansay aqbur amaziγ tcan tiklet tamezwarut .

"
transcription amazigh en latin
ch = c
gh = γ
kh = x
Ɛ = ع
ou = u

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Mr Yassan,

C'est un grand plaisir pour moi de lire mes écrits traduits en tamazight. Votre proposition m'intéresse beaucoup , vous pouvez y aller et j'espère que nous ferons connaissance pour pouvoir éventuellement publier le roman en deux versions.
Je vous avertis que ce sera un travail de longue haleine.
La traduction du 8è épisode est très bonne à mon avis , bon courage .
Merci pour l'intéret que vous portez à mon travail.

Bien cordialement,

Majid Blal a dit…

Bonjour Si Mohamed
Bravo pour ce condensé de références, de beautés et de mots-délicatesse. Longue vie à Aicha Bassou.
La première fois que j,ai été saisi par l'utilisation du local pour nommer l'authentique par un auteur qui voulait se raconter dans ses propres termes, c'était adlescent quand j,ai lu "L'opium et le baton" ainsi que "Fouroulou, le fils du pauvre" de Mouloud Feraoun. j'y ai fait la connaissance de Titrite, de M'hand,d'Arezki et des villages kabyles qui ressemblent aux notres.

Je constate avec joie que tu nous racontes dans nos propres termes et que tu devrais, certainement, avoir un malin plaisir à imaginer notre ravissement à ta lecture.
C,est ca le bonheur d'écrire, l'ultime récompense.

Un grand Bravo à Yassan pour sa belle traduction et surtout pour l'initiative de le faire.
Amitiés
Majid

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Majid,

Comparer "le monde de Aicha Bassou" aux écrits des géants de la littérature maghrébine est hyperbolique pour moi. Je suis confus.
Et je me permets de prendre ton commentaire pour un grand encouragement qui me fait énormément plaisir, d'autant plus qu'il émane d'un spécialiste de l'écriture, "des mots qui disent".

Par ailleurs, j'attends impatiemment la sotie du "Pain chaud".

Revenons à Aicha Bassou, je te demande de continuer à veiller au grain et cela pour la préparation de la préface n'chaalah.

Bien cordialement

Majid Blal a dit…

Bonjour Si Mohamed

Je suis touché par tant de générosité. C'est un grand honneur que de faire la préface du" Monde de Aïcha Bassou".

Je te remercie car sousjacentes aux mots, les intentions formulent la pensée,le genre et la qualité des relations humaines établies et surtout l'appréciation de l'autre même si depuis 27 ans, il est physiquement loin.

Merci encore car avec ce geste, tu me dis " Majid! tu es encore parmi nous, Majid! tu as beau partir, on te garde toujours avec nous chez toi"

Salutations sincères d'un ami.

P.S: je suis retourné aux études à temps plein. je fais une Maitrise en Médiation Interculturelle.

Maitrise qui se donne pour la première fois au Canada et cela pour trouver des solutions à la diversité et une société plurielle où se cotoient les religions, couleurs, cultures...différentes. Le Quebec ne veut pas se retrouver comme la France l,a vécu avec des problèmes d,exclusion, de marginalisation, de stigmatisation et de violence.

J,ai fais le saut et c,est toute une aventure que de s'assoir à une table pendant 3h de cours, moi qui croyais avoir besoin de Ritalin.

Je cite René Char" Vas vers ton risque, à te regarder, ils s'habitueront"

Bon ramadan et bons Bouchiar, lmelwi, lmkhemer, lemssemene,rghayef, chfenge, baghrir et tout le miel qui dégouline comme un fard des beaux yeux des affamés(es)

Dr Mouhib Mohamed a dit…

C'est un grand honneur que tu me fais en acceptant la signature de l'éventuelle préface du " Monde de Aicha Bassou". Ce modeste travail que tu as accueilli cordialement et pour lequel tu manifesté un intérét encourageant dès le premier post du récit.
Je tiens, cher ami, à te remercier pour la disponibilé constante dont tu fais montre pour tout ce qui est culturel en général et pour ton pays natal, l'Atlas, en particulier.
A Midelt, on n'oubliera pas l'auteur du premier maillon d'or de la culture locale "Femme pour pays".
Par ailleurs, je t'envie pour le retour sur les bans de l'universté pour la préparation d'une maitrise d'un sujet dans le quel tu excelles ( l'interculturel).
Tes commentaires et tes publications débordent du rapprochement des univers culturels et de la lutte contre la discrimination. Je sais d'avance que ce cursus te procurera énormément de plaisir.

Bon courage et merci encore.

Bien cordialment.