vendredi 26 septembre 2008

Le monde de Aicha Bassou . (10)

Les jeunes filles sortirent. Elles traversèrent la cour pour vaquer à leurs tâches domestiques habituelles. Tasekourt, en fille laborieuse ( tamehroucht ), aidait au ménage depuis son arrivée chez Ait Bassou, il y a environ une semaine.

L’ « amazigh », conscient qu’aucune beauté n’est exempte de défauts, préfère que sa future épouse soit plutôt travailleuse et bonne ménagère ( tamehroucht ). Il accorde à cette qualité lahrachit, plus de valeur qu’à la beauté physique. Tasekourt, Hajjou, Talebicht et toutes les filles de la région sont élevées de puis leur bas âge dans cet esprit.

Chaque matin, tasekourt s’installait près de l’unique vache d’Aicha Bassou . Une belle vache au poil roux, de race locale, et faisait habilement gicler un lait mousseux dans un sceau de zinc.
Hajjou, ramassait les œufs du jour et allait chercher l’eau de l’aghbalou, à quelques centaines de mètres de la maison.
L’aghbalou de tighermin est unique, c’est une source abondante, intarissable, elle alimente plusieurs ruisseaux en aval. L’eau est limpide et glaciale. Elle a le gout de la roche et de la terre de la chaine montagneuse Ayachi-Moaskar.

L’enfant de deux ans sur le dos, Rabha mettait Toumlilt sur l’almessi et préparait "Bouchiyer" pour le petit déjeuner.
Ouadichen parut au seuil de la chambre où il a passé la nuit avec ses amis. Il devait avoir l’âge de M’Ha Oukousser , la lumière du jour mettait en évidence son visage osseux avec un menton creusé d’une fossette que sa lame de rasoir habituelle « minora » na parvenait jamais à raser tout à fait. Il portait une veste en cuir usée, sans doute achetée d’occasion à la « joutia », le fameux marché aux puces "l’hofra" de Midelt. Il se dirigea, vers Aicha Bassou qui discutait avec son fils Ali, le programme du jour. Il leur souhaita la bonne journée, baisa la main de Aicha avant de s’assoir sur une souche près d’eux.
- Lequel des Ait Ouadichan est ton père ?
- Bennacer , paix sur son ame !
- Je ne l’ai pas connu, par contre, j’ai bien connu son frère Feu Lahcen. Il était l’ami d’armes de l’ « ourhin » Said OUalibou, le père de mon fils Ali.
Said Oualibou, le mari de Aicha Bassou, était porté disparu, dans les années 50-54 en Indochine.
Said Oualibou et Bennacer Ouadichan furent partie « des indigènes » qui se sont battus pour la France, mais que l’on a oublié aujourd’hui.
Aicha et son fils gardaient de cet épisode de leur vie des souvenirs douloureux.

7 commentaires:

yassan a dit…
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yassan a dit…

Amađal n Σica Bassu (10)


Fγenet tɛarrimin , kkinet ammas n-usarag ad ilinet tawuri nsenet n jegwa nnumenet .Tasekkuret , igen tarbat timherrit ar ttawes g tgemmi seg mayed tuweđ γur ait Bassou .
Amaziγ , issen isur telli tihli iffeγ uferruγ , isyaf ad teg temttut n-imal nes m twuri , timherrit i-ttasin tegemmi . netta yuger γures wuddur n lherr aγudu n wudem d tfekka .Tasekkuret , Hajju , Talebbict d umata n tcirratin n temnat gmaned γif uya n tnumi.
Ku tifawet , da tγima Tasekkuret tama n tfunast tabaylalet n Σica Bassu igan yat tfunast n tmazirt iγudan m yinzaden iherzaggawaγen ar ttezeg yan ukuffay bu uluf g yan wattas n zneg .
Hajju da tsmuttur tiglay n was , teddu add tnada aman n uγbalu iɛrqen i tgemmi s-itsenet timiđin nid mitru .
Aγbalu n Tγermin iga abaylal , yat tiţt mi ggudin waman , ur itγaren yakkan i-bzzaf n-tγezrin s izdar . aman zeddigan krmen ilin ađu n-uzru d wakal n tezra n idurar ɛari uɛyyac-mɛaskar .
Rabha mi tella tselmiya afella n tadawt , tegra tumlilt γef walmessi , ar tteli d buceyyar i-imecli .
Uɛaddican d iγlin g neqer n uhanu g izzrey iđ . qqad γures yili usemmud zuned win Mha Ukuser . iđ n wass-a issalid udem nes g kzin iqezzay tili diges yat taxjut ur djin tγiy lmacina nes n minora an telkem adas tekes inżaden . ilsa yat lfista n taserki ifutan isγa min γaleγ g jjuţia n tγawsiwin tiqburin n lhafra n Midelt . idda s Σica Bassu isawalen d memmis Σli γef wahil n wassa . tertayasen ass amatfat , t-ssudem afus n Σica dat ad tγejem γif yat thituret tamansen .
Mid g-ait Σddican ayed igan bab nek ?
Bennaser ad as issuref w aqquc
Uret ssineγ g tuderet nes , maka sneγ iymas igellin n Lahcen , ikka asmoun n ugari n igellin n Sɛid Uɛlibu bba n Σli new .
Sɛid uɛlibu , aryaz n Σica bassu illa g imickiten n tirit n Linducin g isegwasen n 50-54.
Sɛid uɛlibu d Benaser Uɛddican kkan ammun g winna mi ttini Fransa « indigènes » ites ikkaten , maka nna ityattut azmez-a .
Amezruy-a yudjad g tudret n ɛica d memmis asmektey igruresen .




Tafekka = corps
Timiđi = cent
Tiγzret = ruisseau
Tazra = chaîne
Asemmuđ = age
Taserki = cuir
Min = sans
Ahil = programme
Azmez = temps
Amezruy = histoir

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Yassan; c'est avec plaisir que je lis vos traductions. Mouhib

yassan a dit…

Bjr Dr Mohib ;
Le plaisir est partagé, vous savez que ce n'est pas du tout facile d'écrire en cette langue tant dénigrée , passée au dernier plan et dont le lexique se perd de génération en génération.
Nous devons le faire malgré tous, parce qu’aucun ne le fera à la place de ces enfants si nous ne voulons pas d'ici quelques années déclarer la mort définitive de cette langue et civilisation plusieurs fois millénaire.
J’espère que tous ira bien, pour continuer avec vous, jusqu’au bout.

Pas-a-pas se fait notre chemin a dit…

bonjour dr mouhib
"des indigenes qui se sont battus pour la france"
je ne les ai pas oubliés dans mon livre ,vous verrez, mon pere ne cessait de le reprocher a la france, alors je raconte
a bientot
patrick

Dr Mouhib Mohamed a dit…

bonjour patrick ,le mois de novembre n'est pas loin je lirai et je fairai lire le chapitre des indigenes et tout le bouquin avec grand plaisir .Amitié et mon hommage à Madame

Pas-a-pas se fait notre chemin a dit…

bonjour docteur Mouhib
merci pour ce que tu vas faire, j'espere surtout que ce livre t'etonnera