dimanche 20 juillet 2008

Le monde de Aicha Bassou . ( 4)

Aicha Bassou , grande femme, se tenait debout malgré son âge avancé. Elle se coiffait, d’une tassebnit noire, grossiérement parcourue de rayures oranges. Son corps maigre était couvert d’une" tahandirt "qu’elle retenait par une large épingle à nourrice.
Elle nous souhaitait la bienvenue, en souriant.
-M’rahba issoune, kchmate.(soyez les bienvenus ,entrez ).
Dans le pays berbère, laisser les hôtes attendre plus qu’il ne convient dehors est une incorrection grave .Expliqua ouadichane aux étrangers de la région .
-Assamid nekh day rezza imsmare. (Le froid de chez nous casse les clous).
Effectivement, la majesté de ses montagnes n’a d’égale que la rigueur du climat.
La maison d’Aicha Bassou est une demeure hospitalière. Elle avait toujours
été( Takhamt n’taam), la demeure de la nourriture.
Depuis son défunt père qui était l’amghar de la tribu, l’un des grands notable des Ait Yahia, non par une charge sociale ,il ne savait pas lire .Personne ne savait lire à son époque à Tigharmine,et même aujourd’hui encore personne ne sait lire dans ses contrées part le taleb !
Aicha, était enchantée de voir sa demeure continuer à recevoir des gens du makhzen.
C’était un honneur auquel toute la parenté des Ait Bassou serait sensible.
Ali Outamghart, le fils unique de Aicha, devenu moqadem depuis quelques semaines allait éclater de vanité.
Après avoir traversé une grande cour Aicha, nous recevait dans une vaste pièce rectangulaire en pisé. Le toit était en troncs de cèdres ,les seuls ouvertures : une porte, de minuscules fenêtres et un trou de fumée au plafond d’où jaillissait un rayon de lumière.
Un grand sandouk en bois représentait tout le mobilier .Dans un coin, la richesse de la famille : une haute pile de couvertures de laine et des tapis.
Aicha nous présentait N’barch Ou Bassou .Un petit veux emmitouflé dans son burnous, recroquevillé au font de la pièce .Il était assis sur un tapis rouge grenat.
Dans l’ almessi brulait un véritable tronc de Takka. Il Dégageait une odeur Agréable.

6 commentaires:

lyliane a dit…

Une histoire très agréable que je viens de découvrir et que je ne manquerais pas de suivre.
J'ai eu l'occasion d'apprécier l'accueil des gens de ce pays et vu la façon dont ils s'occupaient de leurs ainés, que de leçons nous avons à prendre nous, dit pays "civilisés" qui laissons mourir nos parents de chaleur!!!!!

Majid Blal a dit…

Bonjour Si Mohamed
Texte très captivant et surtout d'une de ces authenticités qui mnous réconcilent avec nous même et avec notre patrimoine. L'utilisation des mots et des noms locaux ajoute à l,histoire les ingrédients de la véracité historique. J,ai toujours apprécié cette façon de contet, de raconter et d,écrire car elle ne s,adresse pas uniquement aux lecteurs étrangers mais prend le partie d,être aussi un témoignage pour les autochtones.
Merci de tes efforts!
En fait, le petit trou dans le palfond s'appelle "TINIBBA"
Amitiés
Majid Blal

Mon Maroc à moi a dit…

bonjour dr Mouhib
je n'ajoute rien a mes illustres predecesseurs
le texte est envoutant et me captive , tu t'en doute bien
le mo@club-internet.frqadem, est il celui qui gere une fantasia?
amities
patrick

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Lyliane,
Cela me fait grand plaisir que mes modestes écrits vous plaisent . Et c'est un honneur pour moi de vous compter parmi les lecteurs du blog.

J'apprécie également votre blog que je visite quand j'ai du temps.

Bien cordialement,

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Majid,
Le commentaire émanant d'un spécialiste des mots comme toi m'encourage énormément.
Tu veilles bien au grain et cela grand plaisir. Je ne connaissais pas le terme "tinibba".

Merci encore
Amitiés

Dr Mouhib Mohamed a dit…

Bonjour Patrick,
Merci pour ton passage et tes encouragements intarissables.

J'ignore complètement le lien que tu me demandes.

Amicalement,